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Randonnée en Pays Touva chez les Vieux Croyants

Par Odette Bernezat


J’ai fait un magnifique voyage en République sibérienne de Touva, mon but et celui de mes amis étant de faire un tour à skis dans la forêt, entre fleuves et collines.
En Pays Touva, les gens ont les yeux bridés et les pommettes hautes comme leurs voisins Mongols dont ils parlent une langue éloignée mais de la même famille linguistique dérivée du Turc, l’altaïque. Ils ont adopté une écriture apparentée au cyrillique et pratiquent le bouddhisme tibétain qu’ils mélangent avec harmonie à leur chamanisme ancestral. La population Touva s’élève à environ 300 000 personnes, vit d’élevage et de chasse, et habite dans des yourtes, sous des tentes coniques et, plus récemment, dans des cabanes en rondins. La capitale de la république est Kyzyl qui, dit-on, est le centre de l’Asie. En ce qui me concerne, je compris que la ville de Kyzyl, qui signifie Rouge, est placée au confluent des deux fleuves Bir Khem et Ka Khem qui forment l’Ouloukh Khem qui n’est rien moins que le cours supérieur du Ienisseï. Pour moi, ceci est un point important car, tout au long de mon voyage, je m’orienterai sans cesse par rapport à ce fleuve gelé ou à ses rives couvertes de forêts. Je garde de la ville des images de froid intense, trottoirs gelés piquetés par le talon des élégantes qui ne se résignent pas à chausser les bottes, givre opaque aux fenêtres et glaçons en pendeloques ornant les gouttières et les arbres.

Nous sommes arrivés à Kyzyl par la route, depuis Krasnoïarsk, à travers d’immenses paysages enneigés. Steppes, bois de bouleaux, rivières gelées et petits hameaux enfouis dans la fin de l’hiver. Le long trajet en minibus m’a permis de faire connaissance avec Alexey Golovinov, notre accompagnateur qui nous avait accueillis à l’aéroport, lui-même étant arrivé en train de la lointaine Irkoutsk et mettant comme nous pour la première fois les pieds en pays Touva. Il assura avec aisance une logistique anti-faim dans de pittoresques gargotes piquées çà et là sur la neige au bord de la route ; dans Kyzyl, il nous guida, traduisant tout avec une patience infinie et optant pour tous nos caprices ; pendant la randonnée, il sera un accompagnateur exemplaire. J’aimai tout de suite sa solidité placide d’ours débonnaire, son œil très bleu un tantinet ironique et son français.
Mon unique vrai contact avec un Touva, je veux dire avec un habitant aux yeux bridés, sera Orlan, logisticien de notre agence réceptrice, qui nous accompagnera pendant tout notre périple à skis avec une efficacité remarquable. En dehors d’Orlan, nous n’aurons à faire qu’à des Russes, Vieux Croyants ou pas.

Nous prenons la route vers l’est, en direction des montagnes du haut bassin du Ienisseï. Sans nom sur la carte, ce sont d’après Alexey les contreforts des Sayan, qui culminent à 3500m. Les puissants camions chaînés, suivent une piste marquée d’une profonde tranchée dans la poudreuse. Autour de nous, la taïga est immobile sous la neige, une neige blanche et immaculée qui semble être tombée la veille. Pourtant vieille de plusieurs mois elle restera telle, le froid sibérien de l’hiver la figeant dans sa légèreté. Elle ourle chaque branche de bouleau ou de pin, coiffe en boule les arbres tronqués, s’envole parfois en un nuage léger au moindre souffle d’air.

Après un col où les chauffeurs laissent refroidir les moteurs et posent une offrande aux branches d’un pin pour rendre grâce aux dieux de la piste, nous parvenons dans le minuscule village de Shivey à la nuit tombante. Quelques maisons tapies dans une clairière, des granges et des remises, des clôtures, des tas de bois bien ordonnés, des odeurs mêlées de paille, de fumier et de feu. Les camions se garent près de quelques cabanes en rondins qui composent la petite base touristique de Sergueï Sapelkin, guide de chasse à ses heures et plus particulièrement durant les mois sans neige où les pistes sont en principe meilleures et les touristes plus nombreux. Alors que nous prenons possession des datchas et chargeons les poêles en prévision d’une nuit glaciale, Alexey nous fait part d’une invitation à souper au village. Invitation non prévue et tout à fait spontanée, ajoute-t-il. La nuit venue, nous traversons donc la clairière enneigée pour nous rendre chez Piotr et Katia, nos premiers Vieux Croyants…
Katia nous accueille, les mains croisées sur son tablier et un foulard serré sur les cheveux que j’imagine clairs, vu la pâleur bleue de ses yeux. Dans la salle d’hôtes où trône un poêle, une table servie nous attend avec cornichons à la Russe, tomates au vinaigre, crème fraîche et onctueuse, lard blanc et dodu, pain croustillant fait maison et surprise de poisson  brioché ! Nous mangeons de bon appétit tandis qu’Alexey discute avec nos hôtes. Il leur explique ce que nous venons faire ici, de la « promenade » à skis. Pendant ce temps, je révise mentalement ce que je sais des Vieux Croyants.
J’ai lu Ermites dans la taïga, de Vassili Peskov , et consulté Internet. Je me suis faite de l’histoire un petit résumé personnel… J’ai notamment enregistré que le schisme au sein de l’Eglise Orthodoxe Russe date du 17e siècle, de 1653 exactement, parce que son patriarche de l’époque, Nikon, inventa six modifications au rite, à mon avis sans grande raison d’être, comme par exemple et entre autres, le signe de croix avec trois doigts au lieu de deux. Néanmoins, pour des raisons politiques, le tsar Alexis donna raison à Nikon. Une partie des fidèles, choisissant de rester dans la tradition et de maintenir les vieilles croyances (d’où leur nom de Vieux Croyants), entra en dissidence et partit vivre loin, refusant souvent tout contact…

Nous rentrons nous coucher en retraversant la clairière sous la lune, comme l’on revient d’un réveillon. Le lendemain, au petit matin, le soleil parvient avec peine à fondre le givre des fenêtres. Dehors, le moteur de trois motos-neige Bouran  tournent au ralenti dans un halo de fumée et de vapeur. Trois hommes s’activent autour d’elles, en grosses bottes, parka et bonnet de fourrure, mais mains nues par -35°… Ce sont les frères Bjitsky, Ivan et Yacob, et Ivan Permyakov, tous trois Vieux Croyants et conducteurs des Bouran qui vont assurer la logistique de notre randonnée à skis.
Au fil de la randonnée, j’apprendrai à les connaître mieux, rectifiant ce que mes lectures m’avaient dit. Je sais que ces vieux fidèles, qui furent persécutés à cause de leur opposition à l’église officielle, se sont raidis dans des coutumes et des rites conservateurs et conventionnels. Je sais que les hommes ne doivent pas couper le poil de leur barbe : nos trois accompagnateurs portent beau une superbe barbe rousse. Pareillement, les femmes gardent leurs cheveux longs qu’elles cachent sous des foulards lorsqu’elles sont mariées, d’où l’impossibilité hier soir de découvrir la couleur des cheveux de Katia. De plus, les femmes sont toujours en robe, ayant l’interdiction de porter le pantalon. J’avais appris, ou mal compris à tort, que les Vieux Croyants étaient un brin psychorigides… Ivan Bjitsy prit très vite le surnom de Terrible parce qu’il ne cesse de rouler les yeux pour s’amuser à nous faire peur ou pour s’excuser des farces qu’il fait à longueur de journée. Son jeune frère Yacob, un peu tout fou, tenta de copier son aîné avec moins de succès, sauf en ce qui concerne la vodka qu’ils consomment tout deux autant que nous, donc en bonne quantité. Quant à Ivan Permyakov, il devint Ivan Moustache pour le différencier d’Ivan Terrible. Au début, il était à la limite de l’austérité, répondant très peu à nos petits mots de bonjour et de comment ça va, refusant de se laisser photographier et de trinquer avec nous. En fin de randonnée, il posera fièrement à côté d’Alexey et portera un toast au succès de notre périple à skis.

Avant de quitter Shivey, nouvelle invitation chez Katia et Piotr pour un confortable petit déjeuner (thé, crème fraîche, confiture de fruits rouges, beignets de viande de cerf et pain maison). Ensuite, Piotr nous fait visiter son domaine, écurie, étable, chenil…Il nous montre ses skis, pas très longs, un peu larges, spatules légèrement courbées et semelles recouvertes de la peau du jarret d’un cheval, au poil rigide et solide. Piotr, via Alexey, nous explique qu’il s’en sert pour aller à la chasse en hiver alors que l’été, il utilise pour cela le cheval garé dans l’enclos. Il précise qu’il a fabriqué ces skis lui-même, tout comme le traîneau du cheval et son harnais, tout en bois d’une seule pièce recourbé à la vapeur. De retour à Shivey après la randonnée, Piotr nous proposera un tour en traîneau au petit trot vif de son cheval et au son de sa clochette. Un vrai moment de bonheur !

Nous avons encore un peu de piste à faire en camions chaînés pour atteindre le point de départ de la randonnée, sur la rivière Mos. Précédés des Bouran, les camions se mettent en route, d’abord pour franchir un col dans la forêt où les bouleaux chargés de neige nous font des arcs de triomphe ; et ensuite sur la Kaa Khem gelée où je prie le ciel que la couche de glace ne cède pas sous nos tonnes de fer. Alexey, l’œil rigolard, me rassure en disant que l’épaisseur la patinoire est d’au moins quatre vingt centimètres et que je peux arrêter de me tordre les doigts d’angoisse.
Stop au confluent de la rivière Mos et de la Kaa-Khem. Sous l’œil attentif d’Orlan, le logisticien de l’agence de Kyzyl, on charge l’intendance et le matériel dans les traîneaux, et on chausse les skis made in Touva, modèle Skis des Forêts, simples lattes pas très longues et un peu larges, sans carres et avec une faible rainure qui s’avérera bien peu efficace sur la neige sèche.
Mon impatience de traverser en flèche la taïga est à bout. Clic-clac, les bottes dans les fixations et… mon enthousiasme baisse de ton très vite. Les skis  sont incontrôlables dès que la neige devient tassée, un poil dure et a fortiori gelée. Les fixations à câble sont trop flexibles si elles ne sont pas serrées à mort et les bottes que nous avions prévues pour trois paires de chaussettes sont trop larges… Alexey, serre-file tranquille et à bonne épreuve, remédie patiemment aux aléas du matériel, réglant un câble, resserrant une sangle, se tournant pudiquement quand une de nous se dépoile pour enlever son collant qui lui tient trop chaud. Pour l’instant, ça monte légèrement, pas de problème. Il suffit de taper un peu fort de la semelle pour que ça tienne. Mais à la première petite descente, c’est la partie de rigolade. L’un entre de plein fouet dans la forêt. L’autre évite le pire en poussant ses spatules dans le talus et je m’éclate dans la poudreuse. Nous apprendrons plus tard que, obligés de suivre la trace des Bouran trop étroite pour nous permettre d’effectuer un chasse-neige d’amplitude ordinaire, la descente deviendra un véritable exploit. Il sera en effet hors de question de sortir de la trace car la poudreuse, très froide, n’a pas de fond. Nous devrons suivre la trace des Bouran qui prennent droit dans la pente et apprendre à freiner. Le plus téméraire se confectionnera un bâton de freinage qu’il mettra entre ses jambes. Puis, il changera de tactique et mettra son bâton de côté (explication inutile). Certains comme moi ôteront leurs skis à la descente et ceux là verront bien aux traces de chutes sur les bas-côtés que ça n’a pas été facile pour les autres. Il en résultera plusieurs bâtons cassés et de multiples rondelles perdues. Mais tout de même, je m’amuse bien. Je suis venue faire du ski et j’en profite.

Après environ quinze kilomètres de taïga, pins de Sibérie et bouleaux mêlés, sans trop de pente intense, nous parvenons au premier camp. Orlan et les Vieux Croyants ont monté deux tentes coniques, garé leurs Bouran au bord de la rivière, coupé et tronçonné un arbre, allumé le feu et disposé des billots autour, pour notre confort assis. Nous passons la soirée dehors autour du feu, à attendre la cuisson d’un gruau de sarrasin accommodé à la viande de cerf (délicieux). Pendant ce temps, mains nues dans le froid, les Vieux Croyants réparent un truc tordu à l’une des Bouran. Heureusement, nous sommes protégés par la taïga et il fait moins froid que prévu (seulement -15°C), sinon nous liquiderions sans doute en un soir notre provision de vodka, aidés en cela par nos amis, à l’exception d’Ivan Moustache.
Comme il n’y a que deux tentes, on décide, les femmes dans une et les hommes dans l’autre. Du côté femmes, on se réveille le matin transies de froid, aucune d’entre nous n’ayant eu le courage de sortir de son duvet pour remettre du bois dans le petit poêle dont le tuyau troue le toit de la tente. Alexey nous promet de venir coucher chez nous demain pour alimenter le feu et fuir les ronflements d’Orlan.

La deuxième étape de notre randonnée s’avère plus variée car nous devons suivre la rivière Mos, tantôt par sa rive droite, tantôt par la gauche et le plus souvent au milieu de son cours figé en patinoire bleue. Les dérapages sont nombreux au début mais, l’expérience aidant, nous apprenons à marcher tout doucement sans casser d’œuf et sans nous écarteler. Le paysage est splendide, blanc bien sûr, doux et ouaté. Le moindre petit relief entre les arbres ressemble à un mamelon de coton, les ruisseaux sont transformés en cascades de glace immobiles, les plaques gelées ont des teintes incroyables, du bleu lavande au vert bouteille. Lorsque la neige est douce, nous avançons assez vite au pas alternatif, faisant glisser docilement nos skis dans la trace des Bouran. Le froid pourtant vif est supportable et par moment, il nous arrive de skier mains nues et d’ouvrir nos salopettes.
Le camp est cette fois installé en bordure de la taïga, face à une plaine et à un horizon de collines lointaines. Lorsque nous arrivons, le tuyau des poêles lâche déjà leur fumée. Comme nous avons pris un peu d’altitude (1.200m), il fait plus froid et nous écourtons la soirée autour du feu pour nous enfouir dans l’épaisseur de nos duvets. Alexey tient sa promesse et vient coucher chez les filles, alimentant le poêle à heures fixes dictées par son réveil. Ah ! Le bon accompagnateur !

Une étape nous donne un peu de fil à retordre. La piste commence par suivre un chemin envahi de glace, traverse des banquises lisses comme du verre, joue aux montagnes russes à travers la taïga pour enfin attaquer une montée en pleine pente. Nous sommes à l’extrême limite de l’adhérence de nos semelles en bois. Il y a quelques reculades, des chutes de travers, des glissades à plat ventre et de sérieux jurons. A l’exemple d’Alexey qui n’aime pas suer pour rien, je déchausse aux endroits les plus raides et monte la pente un ski dans chaque main, épisodiquement imitée par certains. Les autres, plus adhérents ou pugnaces, disparaissent, aspirés vers le col.
Le col se présente comme un plateau dénudé parsemé d’arbres sombres. 1.700m ; il fait froid. A l’autre bout, il y a la descente que les Bouran ont attaquée en fil à plomb dans la pente. Les premiers mètres sont une catastrophe ; des cadavres se vautrent dans la poudreuse des deux côtés de la piste. Je perds un bâton que je mets un temps fou à retrouver en même temps qu’une rondelle qui ne m’appartient pas. Un ski prend la descente sans son skieur et se met en travers, très bien pour être récupéré. L’un enfourche son balai de sorcière et file quelques mètres à toute allure, les skis en chasse-neige aigu. L’autre tente une sortie dans la poudreuse et termine sa trajectoire contre un bourrelet. Alexey, trop lourd pour une piste si étroite et après un essai désastreux, annonce qu’il « plie ses skis ». Derrière, on déchausse aussi en attendant moins raide et, prudente, je m’empresse d’en faire autant.
Orlan et les Vieux Croyants nous attendent en bas, curieux de savoir comment nous nous en sommes tirés. Moi, désespérée par la médiocrité de ma descente, je m’inquiète pour le futur… Le futur n’est qu’une immense patinoire (la glace envahit tout, la taïga comme la piste). Orlan a dépêché Yacob jusqu’au prochain hameau pour qu’un camion chaîné vienne nous récupérer et nous conduise au sec, soit à une trentaine de kilomètres, au village de Katasi. Nous ferons deux étapes en une à bord d’un énorme camion à six roues chaînées et éviterons ainsi un camp sommaire.
Doudounes et cagoules Ku-klux-klan. Nous nous  installons de notre mieux sur la plate-forme du camion, les fesses sur la paille. Le trajet est mémorable. Je me demande comment ce monstre de ferraille rugissant a pu vaincre la banquise de la piste et de la rivière sans verser, avançant parfois en crabe sur des pentes glacées en dévers et prenant les virages en dérapant. Notre tank rejoint bientôt la rivière Baligtyg au cours tranquille car complètement glacé et recouvert de neige. Il file comme sur un billard jusqu’au village de Katasi où nous arrivons à la nuit.

Le jour filtrant à travers le givre de la fenêtre me réveille à l’aube. Les datchas sont tapies en cercle, profondément ancrées dans la neige. Tout autour, une barrière en bois nous sépare de la rivière et du village des Vieux Croyants d’où s’échappent quelques fumées. Une femme remonte de la rivière avec deux seaux pleins, emmitouflée dans son manteau à capuche. C’est Irina Permyakov. Dans la salle d’hôtes où je la suis, elle s’active autour du fourneau tandis que je reste muette, incapable d’échanger avec elle la moindre phrase compréhensible. Alexey pousse bientôt la porte et pendant qu’Irina termine ses pâtés à la viande , les autres arrivent, refermant vite la porte derrière eux pour laisser les -25°C dehors.
Alexey nous explique que le village est occupé par une même famille, les Permyakov, huit enfants dont notre Ivan Moustache. Ils vivent là d’agriculture et d’élevage, de chasse et de pêche. Ils vendent leurs bovins et leurs cochons, et les fourrures des bêtes qu’ils chassent. Ils se nourrissent surtout de céréales et de pommes de terre, de viande de cerf, de lait et de crème et de toute sortes de baies qu’ils ramassent en forêt et dont ils font des confitures succulentes. Ils congèlent le surplus de lait pour le vendre en le mettant dans des bols dans lesquels ils plantent un bâton qui sert de manche au glaçon. Ils construisent même des glacières en creusant des trous orientés Nord où ils tassent de la neige au printemps, et aussi des serres. L’été, ils parviennent à cultiver des cornichons et des tomates qu’ils conservent dans le vinaigre, et même un raisin qu’ils font sécher sur des claies.
J’ai lu que les Vieux Croyants sont si industrieux et travailleurs que chaque fois qu’ils revinrent vers la civilisation parce qu’un tsar ou un patriarche acceptait leur point de vue, ils firent progresser l’industrie. Après la révolution de 1905, en paix avec le régime, ils investirent dans le jeune capitalisme et il paraît même qu’ayant développé le commerce du pain, son cours à Paris en dépendait. On leur reconnaît un pouvoir sérieux de défrichement et de mise en valeur des terres vierges et, au coeur de la taïga, ce village de Katasi le prouve bien.

La rivière Baligtyg sur la rive de laquelle est construit le village, ainsi que la Kyzyl Khem, forment ensemble la Kaa Khem qui n’est autre que le Petit Ienisseï. Et justement, ce Petit Ienisseï dont les rapides sont réputés attire beaucoup de touristes en été pour du rafting, du canoë, du kayak et de la pêche. Or, ces touristes, préfèrent dormir au chaud, sans humidité et sans moustique dans des datchas plutôt que dehors dans des tentes, sur l’herbe d’une rive spongieuse. Donc, traduit toujours Alexey, puisque les Vieux Croyants n’ont pas le droit de recevoir chez eux des étrangers à leur famille, ils ont eu l’idée de construire une base touristique. Salle d’hôtes, datchas pour deux ou trois personnes et commodités. Le bois de chauffage et l’eau étant en abondance, on ajoute une banya qui est une sorte de hammam.
Alexey traduit avec patience ce que veut nous dire Irina auxquels se sont joints les frères Bjitsy, ainsi qu’Alexander Permyakov, son époux. Mes notes sur les Vieux Croyants n’étant pas scrupuleusement datées, j’aligne en vrac tout ce que j’ai appris…
Dans ce village de Katasi, les huit foyers réunis ont besoin d’une entrée d’environ 500 000 roubles, soit 12.000 euros pour entretenir le parc motorisé qui comprend le groupe électrogène, le camion six roues indispensable en période de dégel et de boue, les Bouran utiles l’hiver et le bateau très apprécié sur le fleuve en été. Ils s’en sortent tant bien que mal, dit Alexander via Alexey, grâce aux ventes diverses et aux entrées que leur procure la base touristique. Alexey traduit la médecine et explique à ce propos qu’Irina, ayant senti qu’elle avait la main thérapeute, n’a pas hésité à s’expatrier à Kyzyl pour faire des études de kinésithérapie. Dans le village, ces massages réparent toutes les courbatures, lumbagos, luxations et autres entorses. Alexey traduit l’école obligatoire, la réglementation de la chasse qui préserve la faune, le culte et le prête qui vient au village pour les grands événements, le mariage presque de rigueur entre Vieux Croyants et le divorce impossible… Irina affirme en souriant qu’elle préférerait malgré tout sa fille mariée par amour, plutôt que mariée par raison de religion à un Vieux Croyant. Nous apprenons en catimini qu’Ivan Moustache, de son vrai nom Ivan Permyakov, qu’on ne voit jamais aux réunions du soir, n’habite pas le village comme tous ses frères et soeurs. Il en est exclu, ayant épousé la femme qu’il n’aurait pas dû… Sous des dehors rigolos, ces Vieux Croyants sont des durs.

Nous passons deux jours à Katasi que nous occupons en balades dans les collines environnantes, au prix de montées épiques, de descentes loufoques et d’immenses plats euphoriques sur la Baligtyg gelée, notre Petit Ienisseï. Mais l’intérêt de Katasi est bien la rencontre avec les Vieux Croyants. Pour chaque repas, nous sommes pris en charge par deux femmes du village, différentes à chaque fois et nous pouvons ainsi croiser leurs maris, sauf pour Elena, la jeune, belle et rousse célibataire. Ce qui veut dire que nous goûtons à une gastronomie variée, chaque tandem rivalisant d’ingéniosité. Les discussions s’éternisent le soir, grossies par les nouveaux arrivants qui ont toujours quelque chose à dire ou à chanter, aidés en cela par le petit alcool pétillant que les Vieux Croyants nous offrent et qu’ils fabriquent eux-mêmes en laissant fermenter des raisins secs. Moi, j’avais lu que les Vieux Croyants ne buvaient pas d’alcool…

Notre projet de randonnée a pour but principal les gorges du Ienisseï dont les rapides ont une réputation terrible. D’ailleurs, nous faisons une halte au Musée, un endroit où la berge est large avant les gorges et où les amateurs de rivière offrent un témoin de leur passage, voeu de réussite ou talisman contre le mauvais sort. Sont exposés là de petits mots dans des bouteilles, des noms gravés sur une écorce de bouleau, un slip qui fait s’esclaffer Ivan Terrible, une sculpture en bois d’un visage avec un phallus à la place du nez, un casque d’alpiniste ou de rafteur, un tee-shirt en lambeau… N’étant pas superstitieux, nous partons sans laisser de preuve de notre passage.
La partie de ski est un enchantement, sur du plat uniforme et tout velours, avec des jeux de lumière bleue sur la neige, la glace de la rivière et l’ombre des bouleaux. Nous glissons à vive allure sur le fil gelé de l’eau dans un crissement doux et régulier. Mais bientôt, d’énormes blocs en îles au milieu de la rivière perturbent son cours tranquille en gros bourrelets et enfin, l’étranglement des gorges, étroit comme la pince d’un étau, nous enferme dans son ombre. Nous nous taisons pour écouter le brusque grondement de l’eau. Il y a là, entre les serres de la roche, un spectacle d’une violence inattendue après tant de douceur longiligne au bord du fleuve. Le courant dans le rétrécissement est si fort que la glace a craqué et s’amoncelle en un chaos de blocs entre lesquels bouillonne par endroits l’eau noire et mystérieuse du Ienisseï. Passage interdit, ordonne sagement Alexey. On rebrousse chemin sans avoir franchi les gorges et sans rechigner.
Nous consolons notre déconvenue avec une partie de pêche dans un méandre de la rivière où la glace n’est épaisse que de trente centimètres. Yacob fore un trou pour chacun avec une énorme chignole. Ensuite, on nous distribue une minuscule canne à pêche avec un fil un peu plus long et simplement un hameçon sans rien au bout. Nous nous allongeons à plat ventre sur la glace, plongeons le fil de notre ligne dans le trou et collons le visage au-dessus. Il faut un moment pour que l’œil s’accommode. Dessous, l’eau est verte et translucide ; on voit le fond de la rivière, ses herbes et ses cailloux. De temps en temps, il faut avec la main enlever la glace qui se reforme à la surface du trou. De temps en temps apparaît un petit poisson qu’il faut ferrer avec habileté. Sorti du trou, le poisson n’est pas si petit qu’on le croyait et on le regarde avec fierté gigoter sur la glace tandis que les autres accourent pour vérifier nos fanfaronnades. Nous rentrons à la nuit, tout trempés du devant.

Mais il faut bien quitter Katasi et les familles Permyakov. Puisque nous n’avons pas pu franchir les gorges pour cause de chaos glaciaire, nous devons les éviter par un col dans la montagne. Au pied du col, là où le torrent gelé occupe toute la place, nous assistons à la déchéance des Bouran qui parviennent avec peine à franchir la cascade, éjectant Ivan Terrible de son siège, renversant un traîneau, partant à l’aveuglette et sans chauffeur sur la glace du torrent, tandis que nous attaquons à pied la pente de glace, glissant les uns sur les autres, nous agrippant les uns aux autres pour mieux reglisser ensemble jusqu’en bas. On s’amuse bien.
Enfin, parvenus au col, la vue est splendide sur des plans de collines moutonnées de forêt à perte de vue. Mais la descente du col… Dieu ! La descente ! Nous avons pris de l’expérience et de la bouteille. Pour s’arrêter, certains se laissent choir avec nonchalance sur le côté de la trace, d’autres déchaussent aux endroits trop raides et Alexey enfourche une Bouran qui arrive derrière nous. Moi, après avoir déchaussé plusieurs fois, je resserre mes bottes autour de mes chevilles, tire sur les lanières des fixations et me lance dans une folle descente. Vers la fin, elle devient un réel plaisir, de clairière en berge de rivière, de glace de ruisseau en sous bois, de montée sur pente douce en schuss éperdu…
En bas, dans une clairière où des d’herbes sèches trouent la neige, Alexey nous réconforte de biscuits et de thé et nous rassure en regardant la carte. La rivière Ienisseï est juste là, avant la montagne d’en face et nous ne sommes plus qu’à un kilomètre du but… Oui, mais quel kilomètre ! Une fois la clairière traversée, la pente s’avère quasiment verticale et la piste en lacets serrés et parfois inexistants. Nous apprendrons plus tard que les Vieux Croyants ont assuré leurs Bouran à la corde dans plusieurs passages !  A la presque tombée du jour, nous parvenons sur la rive du Ienisseï. C’est l’heure où tout est bleu, le ciel, les nuages, les ombres, la glace du Ienesseï, l’air. Nous glissons silencieusement dans un aquarium. En amont, loin sur le fleuve, s’élève dans l’air tranquille la fumée bleue de la cabane de Khurtchazi.

Khurtchazi se perche au dessus du fleuve, sur sa rive droite, à l’abri d’un bois de bouleaux aux troncs sveltes immenses. Regarder ces arbres de bas en haut me donne le tournis. Nous découvrons les chalets de Genya un peu avant la nuit. Deux chevaux sombres s’enfuient entre les troncs gris des arbres et un oiseau casse-noix nous salue en penchant la tête à droite. Bon présage, remarque Alexey qui reconnaît pourtant tout ignorer des oiseaux. Nous rangeons sagement nos skis contre le mur d’une cabane puis nous saluons Genya, maître des lieux. Sans barbe, ce n’est pas un Vieux Croyant. L’œil rond et clair, ce n’est pas non plus un Touva. Il est co-propriétaire de cette base de chasse, pêche et randonnée équestre. Il nous montre les toilettes, joli petit chalet pointu au milieu des bouleaux, la banya, et ses chevaux sur lesquels il nous invite à faire un tour.
Le soir, sans doute en mal de compagnie, Genya déploie sa collection de photos de chasse, de pêche et de famille. Il nous montre aussi ses appeaux à cerf en écorce de bouleau et sa démonstration troue la nuit d’appels gutturaux et profonds.

Nous devons remonter le fleuve gelé afin de vérifier l’état des gorges que nous n’avons pu franchir par l’amont. La balade est superbe bien qu’un peu trop en glace vive. Nous sommes souvent obligés de déchausser les skis et d’avancer avec précaution comme des canards maladroits. Par endroits, une fine couche de neige recouvre la glace et si le soleil la touche, nous y restons lamentablement collés, n’ayant pour solution que de nous gratter mutuellement les semelles. Mi-glace et mi-colle, nous atteignons l’étranglement.
Le côté aval des gorges n’est lui aussi qu’un chaos de glace disloquée. Deux hautes falaises couronnées de neige étincelante dominent un profond canyon d’ombre bleue. Entre les blocs de glace, on entend rugir la rivière, comme une sommation à la prudence. Tant pis, dit Alexey, nous ne ferons pas la jonction… Nous rebroussons chemin encore une fois, non sans imaginer la violence sauvage qui doit régner en amont, entre les falaises.
Considérant avoir fait preuve  d’obstination et d’esprit d’aventure, nous faisons halte au promontoire qui se dresse au confluent des rivières Kyzyl et Baligtyg. Là, ceux qui réchappent aux rapides déposent le témoin de leur exploit, ce que nous tenons à faire, bien que… L’étalage est grand, noms inscrits sur des planchettes, photos jaunies sous un vieux plastique, horloge gravée sur du bois et comptant une treizième heure, bout de rame avec une inscription qui nous emplit de curiosité « Paris 02. 6281 km ». Et de jalousie. Cérémonieusement, nous déposons notre témoin d’exploit, la spatule d’un ski brisé sur laquelle Alexey a patiemment pyrogravé « Grenoble. 6647km France 25.03.2009 ».

A Khurtchazi notre boucle change de direction en même temps que la rivière. Nous faisons nos adieux à Genya et partons pour une belle étape de plat. Sans nous en rendre compte vraiment, le grand froid a progressivement reculé, laissant fondre les bourrelets de neige sur les branches, mouillant la glace des flaques, libérant de petits filets d’eau sous les cascades… A courir sur nos skis après les kilomètres, nous finissons par avoir trop chaud. On se met en collant, on retrousse les jambes de la salopette et on ressemble à un page moyenâgeux, on ouvre les fermetures latérales du pantalon et on se balade en T-shirt.
Le fleuve s’élargit démesurément. La trace des Bouran suit de plus en plus près sa rive droite et on la sent prête à sauter sur le talus, ce qu’elle fait quand se profile devant nous un hérissement de blocs de glace. Nous skions désormais sur la berge, de clairières en sous bois de bouleaux. A notre gauche, nous apercevons le chaos de la rivière et les « torossy » , blocs de glace amoncelés les uns sur les autres. On nous a appris comment se forment ces constructions : le premier grand gel fige la surface de l’eau sur une vingtaine de centimètres et parfois plus. Puis, le débit du fleuve baissant, cette couche se retrouve sans appui et finit par se briser. Les blocs partent à la dérive, s’entrechoquent et s’amoncellent sur le premier obstacle rencontré, formant une montagne de blocs figés ou « torossy ». C’est vrai parce que c’est Alexey qui l’a dit.

Peu à peu, la berge du Ienisseï s’humanise. Un enclos avec des chevaux, une ferme isolée sur la pente, des vaches traversant la piste vers une botte de paille, une clôture et un tas de bois avec une hache plantée dans un billot. Nous laissons sur notre gauche un premier groupe de maisons en apparence désertes malgré une fumée au-dessus d’un toit. Dans le deuxième village, les Bouran obstruent carrément la piste. On nous attend… Nous sommes à Chendrakti, chez la maman d’Ivan et de Yacob Bjitsky, qui, n’ayant pas de salle d’hôtes, nous reçoit dehors, dans une petite cour où trône un poêle sur lequel chauffe l’eau du thé. Leur soeur Zina, très élégante dans une jupe fendue sur un début de cuisse, m’entraîne à l’intérieur de la maison (et l’interdiction ?) où elle me montre ses dessins, des portraits au crayon parmi lesquels sa mère, Ivan et son propre autoportrait. Je lui offre un carnet de croquis et des crayons ; nous sommes amies.

A Chendrakti, nous quittons les skis pour monter dans les traîneaux car la piste est devenue impraticable, défoncée par le dégel, les charrettes, les traîneaux et le sabot des bêtes. Entre glissades sur le fleuve encore gelé et chaos d’un chemin de hameau, nous atteignons Aktchari. La maison d’hôte de Pavel et d’Anna est une grange avec une seule pièce habitable et, tout près sous les bois, des toilettes et une banya. Pendant le repas, qui est pantagruélique et avec des mets nouveaux comme de la brousse et de la compote de fruits rouges, Pavel et Anna nous expliquent comment ils vivent, sollicitant les questions et y répondant avec simplicité. Nous apprenons de menues choses. Pour mieux travailler la terre et profiter de la taïga, Pavel s’est expatrié à Irkoutsk pour faire des études « polytechniques » et obtenir son diplôme de forestier. Il connaît une foule de choses sur les arbres, les plantes et les animaux de la taïga et de la rivière, tout pour être un bon guide de tourisme. La soirée est longue, chaleureuse et animée. Alexey ne chôme pas, baladé entre les questions et les réponses, et s’embrouillant parfois entre les diverses traductions. Il finit par déclarer forfait en se passant une main sur le visage et, en riant, il annonce que la suite sera pour demain.
Un ronflement dans le dortoir m’empêche de m’endormir. Je pense à tout ce que j’ai appris et compris de ces gens qui me paraissent si à l’aise et en accord avec leur environnement, immergés dans la nature qui leur permet de vivre et qu’ils savent préserver. Pour des gens qui, dit-on, vivent si loin d’une civilisation dite de progrès, leur modernisme de pensée donne à réfléchir. J’aime la façon dont ils nous questionnent, la tolérance dont ils font preuve et le plaisir qu’ils prennent à la rencontre et à l’échange.

Le lendemain, Pavel nous offre la visite du musée où il a réuni tous les souvenirs du passé, instrument agraires et artisanat avec lesquels les premiers Vrais Croyants ont survécu. Des scies, des haches, un soc de charrue, un métier à tisser la laine et le lin, une forme pour fabriquer des bottes en peau, un machine à presser le feutre, des paniers, une baratte, un moule à brique, des linges de maison finement brodés, des robes de fêtes et des icônes. Puis, plus sérieusement, il nous conduit jusqu’à la maison des moines, juste après le petit cimetière où se dressent quelques croix à six branches.
Il nous fait un cours d’histoire si dense que mes notes sont un gribouillis infâme. En vrac… La cellule a été occupée, entre autres, par une religieuse et il nous montre la trappe par où elle pouvait s’échapper en cas d’agression. Certains Vieux Croyants ne priaient pas devant une croix mais faisaient un trou dans le toit de leur maison pour s’adresser directement au ciel. Les Vieux Croyants s’installèrent ici pour fuir les persécutions et les moines s’établirent près d’eux pour leur servir de garde-fou, les maintenir dans la Vraie Croyance et les soustraire aux influences extérieures. Tous ces réfugiés, fidèles et moines, vivaient pauvrement en autarcie, d’agriculture, d’élevage, de chasse, de cueillette et de pêche. Ils furent néanmoins poursuivis, emprisonnés et torturés, et ce à plusieurs reprises, suivant la férocité du tsar ou du patriarche de l’époque. J’ai d’ailleurs lu qu’en Pologne, plus de 400 000 Vieux Croyants furent exterminés au début du XIX° siècle. Certains s’immolèrent par le feu plutôt que de renoncer à la Vraie Croyance. Actuellement, quelques moines vivent encore dans la région, mais assez loin des villages, en ermite dans la taïga.

Nous sommes fin mars et les enfants préparent Pâques en brodant des fleurs sur des napperons. Le dégel s’annonce et il paraît que les pistes vont devenir impraticables. La gadoue s’installera partout…  En retrouvant Shivey, notre base de départ, nous bouclons la boucle. En retrouvant Piotr et Katia, mes premiers Vieux Croyants, je mesure le chemin parcouru… Après ces dix jours passés, j’ai l’impression de les connaître mieux, chaque Vieux Croyant rencontré ayant impressionné ma mémoire en y forgeant une image que je retrouve facilement devant chaque barbe un peu rousse et touffue...

Pour meubler le vide brutal de l’inaction, Orlan et Sergueï mitonnent un ragoût de cerf aux petits oignons frits, et Alexey, que la nostalgie de fin de voyage n’épargne pas, nous verse en plein milieu d’après-midi une rasade de vin pétillant. J’imagine ce que deviendra notre état d’âme dans la soirée et les remèdes que nous lui appliquerons pour l’apaiser… Effectivement, tard dans la nuit nous portons haut nos verres de vodka. Un toast à Maurice, le copain qui a eu l’idée du voyage, un toast à Alexey accompagnateur irréprochable, à Orlan logisticien parfait, aux Vieux croyants nos accompagnateurs et aux Vieux Croyants en général, au Pays Touva, à nos Skis des Forêts, à nous qui le méritons bien…

Odette Bernezat.



28-08-2009

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Quoi de nouveau?

28-11-2013

Nous avons déménagé. Enfin c´est terminé!

Bonjour mes chers amis,

Il est possible que pendant les mois d´octobre et de novembre, vous avez eu quelques problèmes d´accés à mon site. C´était à cause du déménagement sur un autre serveur. En Russie, on dit: "un déménagement est égal à deux incendies"... Maintenant, les travaux sont terminés, mais si vous trouvez quelques choses qui ne marchent pas, n´hésitez pas à me mettre en courant via la page de Contacts. Je vous remercie d´avance pour votre aide et des conseils comment améliorer le site.

28-11-2013

La mise à jour des programmes de voyages .

Lors du déménagement sur un autre serveur, j´ai eu quelques problèmes techniques. Maintenant, vous pouvez retrouver les programmes mis à jour du voyage chez les eleveurs de rennes de Yakoutie et de la randonnée à ski chez les Evenks du nord de Baikal.

24-12-2012

Bonne Année 2013!

Mes chers amis-voyageurs,
Faute de temps, je ne vous donne pas souvent de mes nouvelles. Cependant, vous pouvez les toujours trouver sur ma page Facebook. Mais, malgré mon emploi de temps chargé, je m´efforce toujours de vous souhaiter un Joyeux Noël et une Bonne Année. Et aujourd´hui, je vous envoie mes salutations sibériennes les plus chaleureuses!


23-12-2012

Merci GNGL!


Comme un vieil ami et partenaire de longue durée, j´ai été présenté dans le dernier bulletin du Grand Nord Grand Large. Je vous invite tous à lire et à choisir son voyage de rêve. Newsletter de GNGL.